D-3 : le Désert, c’est dans 3 mois!

Logo Desert Run    par Séverine DUHAU-le Hung

Nombreux sont les commentaires sur les forums qui déplorent le prix croissant des courses à pied. Pour ma part, je trouve que cela reste un investissement très rentable. Prendre un dossard, en effet, c’est beaucoup plus qu’acheter quelques kilomètres de parcours balisés, agrémentés de Powerade bleu écoeurant et d’une médaille kitsch qui finira au fond d’un tiroir. Prendre un dossard, c’est ouvrir pendant quelques mois la porte d’un objectif, c’est se laisser porter par l’idée d’une ambiance, c’est se rêver au départ quelques dizaines de fois et passer virtuellement l’arrivée quelques centaines de fois, c’est se projeter dans des paysages et imaginer 1000 sensations. Prendre un dossard, c’est aussi parfois vivre une expérience que l’on racontera encore des années plus tard, et à laquelle on repensera souvent avec une émotion particulière – voire une chair de poule bien réelle ! Prendre un dossard, c’est s’offrir une course qui dure quelques heures dans le corps mais des mois dans la tête. J’ai donc pris un dossard pour la DESERT RUN – le  coup d’envoi sera donné dans 3 mois, mais pour moi, la course a déjà commencé…

Quand l’univers conspire

C’est en flânant sur le village du Marathon de Barcelone, en mars dernier, que je suis tombée en arrêt devant un écran géant accroché à l’entrée d’un stand. Sur le film promotionnel, le soleil se levait sur les dunes, les baskets s’enfonçaient dans le sable ocre et les bras se levaient sous une arche plantée au milieu d’un bivouac de fortune. « Cela vous intéresse ? » Je ne sais pas combien de temps j’étais restée plantée là, avant que la petite commerciale de la marque ne m’aborde en espagnol. « Cela me fait rêver, mais je suis bien loin de pouvoir participer ! » Dans mon esprit, en effet, course dans le désert rimait avec Marathon des Sables, 4 Deserts et autres temples de l’ultra-running inaccessibles à mon humble niveau. Probablement coutumière de ce présupposé, la petite commerciale m’expliqua alors fort efficacement que la Desert Run est justement destinée aux coureurs qui veulent expérimenter la magie du Sahara, et que pour peu que l’on finisse un Marathon (ce que j’allais faire le lendemain), les 62km en 3 étapes (15km / 21km / 26km) étaient tout à fait abordables. J’ai donc glissé le flyer dans mon sac. Et je l’ai ressorti quelques semaines plus tard, devant ma sœur, médusée. Elle venait de me dire : « J’ai rencontré un pote qui organise une course qui pourrait t’intéresser, c’est au Maroc ! » « Tu veux parler de celle-ci ? » lui ai-je répondu en lui montrant le document A5 lumineux et froissé qui ne m’avait pas quittée.

Ok, l’univers conspirait à m’attirer vers la Desert Run : j’ai donc pris mon dossard. RuninDesert2

3, 2, 1… rêvez !

Le clip dure 4min10. Combien de fois l’ai-je déjà regardé ? Combien de fois ai-je senti les poils de mes bras se hérisser en voyant les participants exténués sur la 3ème étape s’asperger d’eau régulièrement, et tomber à genoux une fois la ligne d’arrivée franchie ? Car même si l’on ne parle pas ici d’ultra-running, ce n’est tout de même pas exactement d’une promenade de santé qu’il s’agit. Des semi-marathons, j’en ai courus pas mal depuis 2009 : de Bailly à Paris, de Barcelone à l’ile Maurice, je connais la distance que je boucle maintenant en 2 petites heures. Cela n’a rien d’un record, mais c’est mon record, et chaque minute grignotée est une victoire intérieure qui récompense largement toutes les séances de fractionné 😉

D’habitude, après un semi, je fais une bonne sieste, me permets un décrassage le lendemain, et reprends tranquille l’entrainement quelques jours après. Mais pour la Desert Run, il va falloir en enchainer 3, en 3 jours. Ce qui, à mon niveau, nécessite un chouïa de préparation…

Côté physique, puisque la priorité n’est pas le chrono mais de tenir la distance, je vais adapter le plan d’entrainement sur la longueur, et la répétition des efforts successifs. Le gros apprentissage va être celui du ravitaillement : savoir se nourrir et surtout s’hydrater régulièrement, avant d’avoir soif, avant même de penser à avoir soif… Des points d’eau sont prévus tous les 4km, et même si l’on est en plein Sahara, au début du mois d’octobre, les températures ne devraient pas dépasser les 25 degrés aux heures matinales des courses – gérable, a priori…
L’autre point clé, c’est indéniablement… le sable! Même s’il ne constitue pas l’essentiel du parcours, il est présent sur plusieurs kilomètres – fin et instable, il n’offre aucun support sous les pieds, épuise les jambes qui semblent peser des tonnes, et la tête qui a l’impression de reculer à chaque pas… J’ai donc commencé à courir sur la plage – mais le sable de Barcelone est plus proche du béton armé que des dunes du Sahara, aussi, je suis consciente de la futilité de cet “entrainement”, probablement plus utile pour rassurer mon esprit que pour donner à mon corps une réelle idée de ce qui l’attend…

“Le marathon c’est 90% au mental… le reste c’est dans la tête!”

Et puis il y a la tête. Celle par qui tout commence, et qui sera sûrement celle grâce à qui tout peut aller au bout. Pendant plusieurs jours, je me suis demandée comment faire de mon mental un allié utile dans cette course particulière, et j’ai trouvé (pour l’instant) 3 axes de travail.

  • Visualiser l’arrivée: ça, c’est un classique. Avant une course, j’essaie généralement de trouver sur le site web des images de la « finish line », et je m’imagine la franchir, les bras en l’air, à l’issue d’un dernier sprint où sont jetées les dernières forces. Comme pour le Marathon, où j’avais suivi en pensées la « blue line » qui balise le parcours jusqu’à ses derniers mètres, et à laquelle j’ai pu me raccrocher le jour venu, en focalisant toute mon attention sur ce marquage au sol pour détourner mon esprit de toute autre pensée de fatigue ou de douleur.

Sauf que cette fois, ce n’est pas une, mais 3 lignes d’arrivée que je vais devoir projeter sur mon écran de cinéma intérieur : 3 arches visibles de loin dans la poussière de sable, véritables oasis de caoutchouc qu’il va falloir garder en ligne de mire pour faire toujours un pas de plus.

  • Aborder chaque étape comme la première: à la différence d’une course « one shot », les 2 premières lignes d’arrivée ne seront pas une fin. Dès le lendemain matin, il faudra de nouveau chausser les baskets et se relancer dans la course : j’ai donc prévu de travailler sur la « résilience », pour effacer mentalement l’effort de la veille et aborder chaque étape comme si c’était la première.

Dans la même idée, il est important aussi de « morceler » l’objectif : on sait très bien qu’un objectif important doit être découpé en une série de sous-objectifs plus facilement atteignables, c’est une technique de base en management comme en running. La première fois que je l’ai mis en place avec l’aide des play lists de mon iPod, c’était lors des 20km de Paris, en octobre dernier : j’écoutais un morceau en boucle pendant 15min, puis je passais au suivant. J’étais donc complètement centrée sur la fin d’1/4h, qui devenait un sous-objectif beaucoup plus raisonnable que de me dire qu’il me restait encore 1h ou 1h30 de course !

  • Ancrer des moments de force et d’énergie : tel un PacMan de mon enfance, j’aime joncher le parcours de « pac-gommes » qui me redonnent de la force et de l’énergie quand il y en a besoin… Pendant mes footings, mes entrainements ou mes courses, il m’arrive d’avoir des moments de grâce pendant lesquelles les jambes courent toutes seules, la tête explose de cette liberté incroyable qui fait que l’on revient sans cesse à cette discipline – et se sont tous ces moments que j’enregistre dans mon corps, dans ma tête et surtout dans mes oreilles, car je les associe au morceau qui passe à ce moment-là dans mon iPod.

J’ai, par exemple, vécu un moment d’euphorie intense pendant le Marathon de Barcelone, en arrivant devant la Sagrada Familia : km15, mes jambes accéléraient, le bleu incroyable du ciel rendait l’œuvre de Gaudi irréelle de beauté, et j’ai chanté à tue-tête « Untouchable » de Anathema qui passait à ce moment là… Depuis, chaque fois que j’ai un coup de mou, il me suffit de repasser ce morceau pour que la sensation d’accélération dans les jambes monte aussitôt ! Tous ces moments, je les dissémine alors mentalement le long du futur parcours : km5, km13, premier passage de dunes… et tel un vorace jaune citron, je me nourrirai le moment venu de l’énergie qu’ils représentent.

Me voici donc avec un beau programme de séances de running, de sessions d’auto-hypnose, et d’auto-hypnose en courant 🙂  Tout ce qui va permettre de préparer le corps et l’esprit pour faire de cette course le kiff que le désert nous offre, et plus encore. C’est le 5 octobre que le départ de Desert Run 2015 sera donné. Je n’ai pas hâte : j’y suis déjà ! Prêts pour 4min10 de Desert Run : voici le clip! Attention, le regarder peut vous donner une envie irrésistible de prendre un dossard… https://youtu.be/VQ0VPgkemJo      

About sevduhaulehung

Hypnose - Communication - Running
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2 Responses to D-3 : le Désert, c’est dans 3 mois!

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