Ma première séance … de fractionné (8 octobre 2014)

baskets Il y a des idées qui poussent dans notre tête sans que l’on sache ni quand ni pourquoi elles y ont germé. Des idées parfois utiles, mais qui la plupart du temps, agissent comme des barrières que l’on s’est mis tout seul. En jargon d’hypnose, on appelle ça des « croyances limitantes » – mais le terme « idée à la c…» marche aussi 🙂  Bref, ma croyance limitante à moi, c’était que je ne savais pas courir vite : d’année en année et de footing en course, je me suis auto-persuadée que j’étais un petit diesel, faite pour courir longtemps certes, mais à allure constante et tranquille.

Sauf qu’il arrive un moment où il faut se rendre à l’évidence : ce type d’idée a généralement une bonne raison d’être là. En étant un peu provocateur, on pourrait dire quelque part qu’elle nous arrange… Et mon inconscient a fini par admettre ce que mon conscient n’aurait jamais, oh grand jamais, voulu s’avouer : cette croyance m’évitait d’avoir à forcer trop à l’entrainement. « Le fractionné ? pas la peine, puisque de toute façon je ne veux pas courir plus vite… » : pratique, non ?  Sauf que l’ego du chrono a fini par se manifester…  Comment concilier alors mon côté cool dans mes baskets, et la partie de moi qui crève d’envie de se dépasser ? La solution s’est présentée en un mot : le plaisir. Si je parvenais à envisager le fractionné avec autant d’envie qu’une sortie du matin en bord de mer à Barcelone (rien que ça !), alors je serais partante pour les efforts.

Faire rimer fractionné et plaisir, je n’avais pas choisi la simplicité – pourtant, si j’y allais à reculons en prenant sur moi, je savais que cela ne durerait pas – tel un régime que l’on fait sous la contrainte mais qui s’effondre au premier craquage. Ce n’est donc que lorsque j’ai été mentalement prête que je me suis inscrite à un test VMA, puis à l’entrainement associé.

C’était hier soir. Conditions idéales : grisaille, lumière basse dès 19h, pluie menaçante, tout était là pour me pousser à repousser- y compris une douleur au pied qui aurait été une excuse des plus acceptables. Mais je me retrouvée aux portes du Bois de Vincennes, avec une trentaine d’autres fous / courageux / addicts (rayer la mention inutile),  à étudier des tableaux d’allures et à comparer les dernières performances. Après 1/2h autour du lac à allure d’échauffement, en papotant (une première pour moi qui m’enferme habituellement dans la bulle musicale que me fournit mon iPod), nous avons rejoint le stade. Au programme : 8 fois 400m à 95% de VMA. Termes barbares qui signifient enchainer des tours avec 1min de repos entre, plus rapidement que ma vitesse de footing habituelle. Par un non-hasard plutôt intéressant, ma montre GPS a décidé de me lâcher à ce moment là, me laissant sans repère de temps. J’ai donc décidé de faire sonner mon téléphone toutes les 2 minutes (mon temps cible sur 400m) et de courir aux sensations pour me caler sur le rythme.

Le premier tour a été trop rapide : 1min45. Je regardais mon téléphone, les autres coureurs, toute cette agitation, les chronos, je galérais avec ma musique d’un côté et mon temps de l’autre, bref, cette contrainte autour de la mesure me perturbait. Alors au 2nd tour j’ai lâché la tête : focus sur le sol souple sous mes pieds, nez pointé sur la pleine lune, écoute de ma respiration. J’ai visé non plus le bout du stade, mais chaque palier de 100m, l’un après l’autre. 1min55. Mieux. C’est au 4ème tour que les jambes se sont vraiment calées : tiens, c’est aussi à ce moment là que le sourire est apparu, ce sourire béat que j’ai parfois en regardant le soleil se lever sur la plage de Barceloneta… Au 5ème tour ça a commencé à chauffer, au dernier tour mes poumons demandaient grâce – mais le rythme était pris, les traits du 100m défilaient sous mes baskets, je doublais ou me faisais dépasser, le bip de mon téléphone me donnait le tempo, jusqu’au coup de sifflet final… Déjà ?
Après quelques abdos, nous sommes repartis un petit 1/4h en trottinant. Je me sentais bien, j’avais envie que ce footing dure toute la nuit. J’enregistrais mentalement toutes ces sensations agréables qui me venaient de la fierté d’avoir fait un effort, car je savais qu’elles seraient un bon booster pour revenir la semaine prochaine. Un autre coureur s’est mis à ma hauteur : « Tu vises combien aux 20km de Paris ? » J’ai répondu avec un sourire : « Moins de 2h, ça sera déjà bien… » Et c’est aussi avec un sourire qu’il a conclu ma soirée avec un à-propos déroutant : « Oh c’est déjà super… l’important de toute façon c’est de courir avec plaisir ! »

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