Hypnose et traumtologie – Conférence Martine Tual (16 juin 2012)

MTU Au-delà des applications communes de l’hypnose que sont la thérapie et le coaching, il existe d’autres formes d’utilisation : Martine Tual, dans cette conférence, souhaite nous exposer comment elle pratique l’hypnose en environnement médical pour travailler sur la réparation tissulaire.
Martine Tual travaille dans un centre de rééducation à Rennes, avec de gros polytraumatisés. Kynésithérapeute puis ostéopate de formation, elle suit le cursus de l’Arche en 2009, jusqu’au maître-praticien. Depuis, au rythme de 9 à 10 séances par jour, elle pratique l’hypnose avec des patients du centre qui affichent des pathologies lourdes et dont la vie est bien souvent “démolie”.

 Le chemin vers l’hypnose

 Martinez Tual a procédé par étape dans son cursus : au départ elle a traité le physique (études de kyné, ostéo), puis elle a ajouté une dimension en intégrant les thérapies énergétiques. Enfin, avec l’hypnose, elle a été un cran plus loin dans l’approche globale en prenant en compte la dimension mentale.

A la question “pourquoi l’hypnose?“, elle nous explique que le Centre de Rennes où elle évolue est un centre spécialisé dans la gestion de la douleur : en tant que tel, il se devait d’être une vitrine de toutes les thérapies innovantes – et lorsqu’il a fallu envoyer quelqu’un se former, c’est assez naturellement que son ouverture vers les thérapies alternatives (elle avait déjà introduit le shiatsu à l’hopital) l’a désignée.

 Ses premiers pas dans la pratique de l’hypnose l’ont déroutée : en formation, on apprend à aller vers le positif, à projeter la personne, à chercher les motivations profondes…Or, face à de grands polytraumatisés, elle se retrouve face à des gens qui n’ont plus de futur, qui ont du mal à se projeter, à avoir un objectif : ils sont littéralement sonnés car bien souvent ils sont jeunes (elle voit par exemple beaucoup d’accidentés de la route, motards notamment) et leur vie vient de s’écrouler -> quelle stratégie mettre en place quand tout est démoli?

Au fil des cas, elle a compris qu’il s’agit finalement de raisonner comme pour une maison : Quand tout est détruit, il faut reconstruire les fondations d’abord -> mais du coup, pour chaque nouveau patient, par où commencer?

 La pratique de l’hypnose en contexte médical

Pour que l’on perçoive mieux ce que représente la prise en charge d’un patient dans ces conditions ultra-médicalisées, Martine Tual fait défiler quelques photos. Lits médicalisés, appareillages lourds,…elle doit pouvoir gérer des séances dans un environnement peu propice à la détente, avec des patients à mobilité, voire à communication, réduites.
Contrainte contextuelle complémentaire, son espace de travail est situé dans un “couloir”, sur le chemin de la piscine -> Elle est donc bien loin de pouvoir pratiquer une hypnose “cliché” dans le silence et le cocon d’un cabinet! Néanmoins, les résultats sont là…

Les pathologies adressées sont diverses et souvent sévères -> reconstruction (plaies, fractures), neurologie, (paralysie, infirmes moteurs cerebraux), rhumatologie (algodystrophie, arthrite, hernies, lumbago)… Martine Tual convient que ces maux ne sont pas forcément ceux pour lesquels on est formés à l’Arche, néanmoins elle explique qu’elle découvre que le champs de l’hypnose n’a finalement aucune limite – “sauf celles qu’on se met dans la tête“! Bien sûr, il ne s’agit pas faire des miracles et tous les soins médicaux prodigués sont indispensables – simplement, quand la médecine montre des limites alors qu’il n’y a aucune raison physique ni neurologique pour que le patient stagne ou ne guérisse pas, c’est qu’il y a des “blocages” diifférents, qui peuvent être levés avec l’hypnose.

Tissus concerné : tous – peau, tissus tendineux, système nerveux, les os, les muqueuses, …

Pour commencer, gérer la douleur : les patients que reçoit Martine présentent des traumas différents, mais parmi lesquels généralement il y a de la douleur, des grosses plaies, des dégats osseux ou autres dégats tissulaires -> elle a rapidement identifié que la douleur est un trés bon point de départ, car déjà, quand on n’a plus mal, on est plus ouvert à d’autres évolutions

Le plus important : expliquer. Les patients du centre se retrouvent du jour au lendemain face à un verdict couperet, noyés sous des termes médicaux souvent abscons. Martine utilise un “assistant” (Oscar, squelette pédagogique comme celui que nous avions en cours de biologie!), ainsi que des planches anatomiques simples avec lesquelles elle explique concrêtement à la personne ce qu’elle a. Son Objectif : que le patient puisse se représenter ce qu’il a de maniére trés factuelleex : dans le cas d’une fracture, amener la personne à visualiser qu’il faut “recréer de l’os dans l’espace noir qui est entre les 2 bouts blancs”, ou encore, si un nerf est bloqué, elle décrit ce qu’est un nerf, sa fonction de transmission d’informations, elle en trace le parcours, etc…-> toutes les images sont bonnes pour permettre au patient de visualiser trés précisément ce qui cloche et donc ce vers quoi il doit mobiliser ses ressources intérieures (NB : une question relève une utilisation privilégiée du sens visuel, et Martine Tual répond qu’en effet c’est le sens qui lui parait le plus efficace même si avec des personnes peu visuelles elle peut travailler en kinesthésique).

De plus, pour faciliter la compréhension et l’adhésion, elle abandonne le vocabulaire médical et se met dans le monde des gens pour expliquer le corps avec leurs mots (ex : agriculture, informatique…)

Technique hypnotique utilisée : compte tenu de la diversité des cas, Martine Tual utilise tout l’évantail hypnotique appris en formation – mais avec un canevas presque toujours équivalent. Au cours de l’explication elle fait une Bande-annonce : à l’interieur de vous, il y a une problematique, et la seule personne qui sâche faire quelque chose c’est vous (c’est un discours qui surprend, car jusque-là, la personne se repose sur la médecine! Sauf qu’à un moment le traitement médical       arrive à une limite). Avec l’hypnose, Martine traite le problème comme un symptôme : elle se rend souvent compte que l’accident cristallise par le choc corporel tout ce qui était là avant! Elle nous raconte par exemple le cas de cette patiente dont la violente douleur dans le dos est ressentie comme un “blocage” : en posant la simple question “Avant votre accident, aviez-vous déjà ressenti ce type de blocage?“, elle permet à la personne d’exprimer qu’elle ressentait la même chose avec sa mère – un travail sur ce sujet entraine la disparition de la douleur. Ainsi, elle emmène ses patients à l’endroit de la problématique pour qu’ils puissent la résoudre. Elle les fait parler et utilise tout ce qu’ils lui donnent au travers de cette DO (courte, car elle manque de temps pour entrer dans les details).

 Travailler en accord avec le mental

 Partir du principe que lorsqu’un résultat ne peut pas être obtenu mécaniquement (ex : des muscles qui ne bougent pas) il est très difficile de  forcer les choses – donc il faut persuader le cerveau d’agir et l’amener à faire de lui-même!

Martine Tual constate au quotidien que les verdicts que l’on pose dans le cas des traumas sont comme des verrous que l’on met dans la tête des gens : on leur explique “qu’ils ne pourront plus…”, “qu’il y a peu de chances pour que…”, “qu’ils risquent de…” et donc forcément, ces pronostics limitants verrouillent leurs ressources internes. Alors que si on induit la possibilité que c’est possible, en matérialisant la motivation, il y a énormément plus de ressources que ce que l’on pense!

Néanmoins il ne faut pas bien sûr vouloir remplacer l’acte médical, qui est indispensable, mais il faut compléter pour maximiser l’efficacité de ce qui est fait, et permettre que ce soit  plus confortable, plus rapide (ex : les livres disent qu’il faut 21jours pour cicatriser la peau, 3 mois pour la reconstruction osseuse-> or on constate que certaines personnes vont plus ou moins vite…ca dépend plus de leur mental que de leur physique !).

 Martine Tual conclut en rappelant qu’un trauma créé un “bug” chez la personne, qui du coup ne sait plus faire ce qu’elle faisait naturellement – or on a un système miroir (qui est celui de l’apprentissage mais aussi de l’empathie) qui nous permet de réapprendre en observant. Cette relation de cause à effet est favorisée par le grand théorème qui existe pour notre cerveau : “comme si = c’est” -> donc on peut se représenter quelque chose, et à force de se le représenter, on le fait!!

De fait, si le patient ne présente pas de motivation il n’y a rien à faire -> c’est la “carotte” qui va faire que l’envie va provoquer la possibilité…

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